Triora

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Here we are ! Voici notre 1er article de notre 1er voyage de notre 1ère exploration des villages sorcières. Ce texte n’est pas un guide touristique, mais un récit hybride qui raconte une pérégrination et un voyage de découverte d’une ville et de ses habitants d’un point de vue tout à fait subjectif.

 
Nous avons choisi Triora, une ville au lourd passé de persécution des sorcières. 

Perché dans les montagnes de la Ligurie, à la frontière entre l’Italie et la France, ce village de 400 âmes est imprégné d’une mémoire de ce passé. 

A travers ses ruelles, ses vieux murs de pierre, ses inscriptions et gravures au dessus des portes des maisons, le dédale de ses chemins qui montent et qui descendent, nous sommes directement transportées dans un univers à l’intersection du passé et du présent. 

Nous arrivons le vendredi 17 mai !

En Italie, ce jour porte malheur, comme le vendredi 13 français. Écrit en chiffre romain, 17 fait XVII, son anagramme donne VIXI et signifie en latin “j’ai vécu” et donc logiquement “je suis mort”. Un chiffre noir, et peu de chance d’avoir 17 convives à un dîner italien, ou une place n°17 sur un vol Alitalia !

Par contre pour les sorcières, ce chiffre représente chance et protection

 (Citation Urban Witch)

A l’arrivée, une vraie atmosphère mystique et magique.

Un voile de nuages clairs recouvrent les montagnes, les ruelles sont désertes à l’exception d’un couple de touristes et de trois femmes en voyage, d’une cinquantaine d’années, attablées au seul restaurant du village. Ces dernières, d’après notre gaydar, ont l’air assez queer, et c’est assez plaisant, on se sent “chez nous”, sans frontières, à l’aise, on se tient la main en se lançant des clins d’oeil invisibles. Serait-ce l’une des réappropriations de l’identité sorcière aujourd’hui ? On se questionne et on respire.

 

Un chat noir nous a repéré depuis le début et n’arrête pas de nous suivre. Il mange un peu d’herbe et prend la pose devant une porte. Il est très mignon.

On se laisse conduire par la ville même dans l’exploration, en suivant ses chats et ses ruelles pour atteindre le lieu de rassemblement des sorcières de l’époque : La Cabotina !

Quelques panneaux nous expliquent ce qu’il se passait en ces lieux et une phrase attire notre attention : “Presso la Cabotina la streghe si trastullavano con le colleghe molinesi”. Trastullavano ? Se divertir, s’amuser ensemble. On imagine les sorcières, en liberté, loin du regard des autres, à la fin 1500, en train de jouer avec leurs amies de Molini di Triora le village voisin. La définition de trastullavano est plurielle, cela peut vouloir dire aussi s’abandonner à des effusions amoureuses. C’est chaud(ron). 

Lors de la chasse aux sorcières, de 1587 à 1589, 100 femmes ont été accusées, une vingtaine condamnées au bûcher.
Une hypothèse dit que les survivantes ont été exilées dans le village de San Martino di Struppa, à côté de Gênes et que les descendant.e.s de ces sorcières porteraient le nom de famille “Bazoro” ou “Bazora” qui rappelle le terme dialectal signifiant Sorcière dans la vallée Argentina de la Ligurie.
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Quelques curiosités du voyage :
  • Les grains de beauté étaient considérés par l’Inquisition comme la marque du diable pour reconnaître les pratiquantes du savoir magique. La serveuse du restaurant portait un grain de beauté sur le front, et la femme de l’épicerie sur le menton. Coïncidence ? 
  • Les maisons portent de nombreux objet de protection / superstition : des fers à cheval, ail, balais accrochés à la porte ….
  • Il y a des plants de courge partout ! Pour Halloween bien sûr où la ville se peuplent de touristes en orange. Une légende raconte que quand les sorcières tombaient amoureuses, elles se transformaient en citrouille pour être cueillis par de jeunes hommes, qui, ensorcelés, répondaient à leurs moindres désirs. Apparemment les chrétiens désapprouvaient ce genre de pratique, pas nous.

 

La lune en scorpion nous a accompagné dans cette introspection. Elle reviendra certainement à nouveau dans nos futurs voyages. 

Melissandre et Yuna
WonderWitches

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